Au musée Jean Aicard-Paulin Bertrand, à l’ombre de son jardin arboré, une maison illustre abrite deux peintres, le père et le fils, qu’un élan familial a réuni dans la même demeure. Dans la maison de l’écrivain, la peinture des Pascalet, celle qui raconte la Provence qui rayonne et s’épanouit, s’expose sur les murs à travers 72 œuvres issues de collections familiales.
Enfant de Toulon et aquarelliste formé à l’Ecole des Beaux-Arts, Félix Pascalet (1887-1954) est un peintre de la lumière. Dans ses tableaux, des bateaux de pêches aux voiles gonflées, des marchés colorés et villages aux pierres chaudes dessinent un Sud baigné de soleil. « Son interprétation de la nature rend l’émotion et l’illusion du plein air », comme le soulignait en 1932 Le Journal des débats politiques et littéraires. Sa peinture, à la fois précise et sensible, est un précieux témoignage de cette Provence du début du XXe siècle dont certains décors n’existent plus, comme cette aquarelle du port de Toulon dont les immeubles en front de mer ont été détruits par la guerre.
Si la peinture de Félix Pascalet illumine, celle de son fils Pierre Pascalet (1915-2000), vibre. Peintre infatigable et architecte à qui l’on doit de nombreuses réalisations dans la région de Toulon, il n’aura de cesse d’arpenter les recoins de Provence qu’il peint de mémoire à partir de croquis dessinés lors de ses promenades. Profondément marqué par Van Gogh – « Son œuvre me révélait la lumière. […] Je la sentais me traverser soudain les yeux et irradier mon cerveau de sensations incroyables… » – Pierre Pascalet retranscrit dans un geste vif et une explosion de couleurs toute la beauté et le contraste des paysages méditerranéens.
Dans l’atelier du peintre Paulin Bertrand à qui Jean Aicard a cédé sa villa, 36 toiles de Pierre Pascalet suspendues dans les airs viennent clôturer l’exposition dans une scénographie poétique. Chaque tableau, représentant les monts et plaines de l’arrière-pays, rappelle ainsi l’attachement profond du peintre à sa terre natale, source d’inspiration inépuisable : « Mon pays, c’est le Var. Il reste un pays sauvage, noble, où la palette d’un peintre peut sans cesse faire une découverte. En 40 ans, j’y ai trouvé plus de 4000 fois l’inspiration. »

Pascalet Père et Fils, la peinture en héritage
Exposition du 26 avril au 31 juillet 2025
Musée Jean Aicard – Paulin Bertrand
705, Avenue du 8 mai 1945 – La Garde
Entrée libre
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h – Fermé le lundi et les jours fériés